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Andre Drummond : retour sur le transfert le plus inattendu de la trade deadline.

Andre Drummond : retour sur le transfert le plus inattendu de la trade deadline.

Le marché de la trade deadline était proche de la fin. Alors que les deux dernières heures avaient démarré en fanfare avec l’échange Wiggins – D’Lo, il a fallu attendre une grosse demi-heure avant la clôture pour que Cleveland se signale par un trade improbable  : Andre Drummond arrive dans l’Ohio. Retour sur cet improbable move.

Avant tout, remontons dans le temps, pas trop loin quand même, en Août 2019, date du départ de tout ceci. La folie de la free agency derrière nous, le calme du côté de la NBA était au beau fixe et, alors que la coupe du monde FIBA s’apprêtait à commencer, un petit joueur de Detroit parlait de son avenir.

Lors d’une interview pour le Detroit Free Presse, Andre Drummond expliquait être « excité » par la free agency 2020 car, dans une cuvée perçue comme très faible, « il serait le seul à aller chercher avec un gros contrat cette année-là« .

Phrase lâchée sans arrière-pensées car à l’époque, Detroit semble viser les playoffs et, si quelques rumeurs font état d’un possible trade, rien ne semblait prédire la trajectoire de la franchise du Michigan. Néanmoins, il se rattrapera plus tard, expliquant qu’il avait été mal compris, car il avait simplement cherché à expliquer ce qu’il ressentait.

« Pour ceux qui sont confus par rapport à mes déclarations sur la free-agency, laissez-moi vous expliquer… Je voulais dire que j’étais excité à l’idée de traverser ce processus car c’est une première pour moi, cela ne veut pas dire que j’essaye de quitter Detroit. J’adore être ici. »

C’est donc dans cet esprit que la saison des Pistons commença. Si le pivot réalise statistiquement la meilleure saison de sa carrière avec 18,9 points, 16,7 rebonds et 2 blocks par match après un mois de compétition, montrant ses capacités offensives suite à l’absence de Griffin, il n’en reste pas moins que des doutes persistes sur son envie de tester le marché.

La situation si particulière fait cogiter les dirigeants de la franchise du Michigan et commence à attirer des concurrents tels que les Charlotte Hornets. C’est en tout cas ce que Sean Deveney de heavy.com laisse entendre, laissant entendre que la franchise dirigée par MJ pourrait se positionner sur le solide pivot lors de la free agency 2020, avec les fins de contrat de Bismack Biyombo, Marvin Williams et Michael Kidd-Gilchrist, voir au cours de la saison via un trade. Le deal ne se fera jamais, les dirigeants des Pistons préférant attendre de meilleures offres vis à vis de sa valeur marchande.

Le temps passe, Drummond reste toujours aussi fidèle à sa franchise dans ses déclarations tout en continuant à faire le ménage dans les peintures adverses. Pourtant, les rumeurs d’un trade reviennent sur le devant de la scène. En effet, début janvier c’est au tour des Hawks de s’intéresser fortement au joueur et on s’imagine déjà un trio Young – Collins – Drummond du côté d’Atlanta. Des discussions dureront plusieurs jours, s’articulant autour de joueurs disposant d’un contrat expirant tels que Chandler Parsons, Allen Crabbe, Evan Turner. Finalement, l’offre composée du first round pick des Nets + Damian Jones + Chandler Parsons/Allen Crabbe est jugée dérisoire par le front office de Detroit. Cette fin de non-recevoir met alors fin aux échanges concernant un trade entre les deux franchises. Quand on connait la suite, on ne peut qu’en rire… Sauf si on supporte la franchise d’Eminem.

À partir de ce moment, les rumeurs s’enchaînent les unes après les autres ! Les Cavs, les Raptors, les Mavericks, les Celtics et même les Knicks font partie de la liste de franchises qui s’intéresseraient au joueur. Les dirigeants du Michigan campent sur leurs positions, ils attendant l’offre qui conviendrait le mieux à leurs attentes à savoir un premier tour intéressant.

Le souci étant qu’aucune offre de ce type n’arrive sur leur bureau et la fin de la trade deadline approche à grand pas. Ce qui n’est pas pour arranger les dirigeants qui, compte tenu de la direction actuelle de la franchise souhaitait démarrer la reconstruction dès la prochaine free-agency.
Lorsqu’on sait ce qu’il y aura sur le marché, difficile de comprendre leur stratégie mis à part donner du temps de jeu à Thon Maker le plus rapidement possible (  ?). Mais si c’est leur souhait, alors il faut se débarrasser d’Andre Drummond, afin de ne prendre aucun risque sur la possiblité de le voir prendre sa player option à 28.5 millions d’euros, qui mangerait le cap space de la franchise, retardant leurs plans.

C’est là qu’intervient Koby Altman. Alors que le General Manager des Cavaliers avait passé sa saison à éteindre les incendies créés par les tensions entre John Beilein et ses joueurs, il a saisi cette occasion pour ramener l’ancien pivot de U-Conn dans l’Ohio. La relation entre Altman et Drummond n’est pas nouvelle. Alors que Drummond défendait les couleurs de Team USA chez les équipes de – de 17 ans, Altman était l’un des internes volontaires pour aider l’organisation du training camp de Team USA. Depuis, le jeune GM des Cavs est resté fan du pivot. Il a longtemps cherché à le faire venir à Cleveland et l’occasion semblait presque trop belle.

Au cours des derniers jours avant la deadline, les Cavaliers étaient tout prêt de faire une offre et les discussions avec les Pistons étaient déjà bien avancées. Pourtant, Koby Altman a décidé de s’accorder une nuit de réflexion en plus. Suivant l’adage «  la nuit porte conseil  », il décida de renvoyer tous les membres du front office chez eux afin de réfléchir durant la nuit. Le lendemain, tous les décisionnaires étaient unanimes, à ce prix, il fallait sauter sur l’occasion de ramener Drummond.

Dan Gilbert, le propriétaire des Cavaliers, ne fut pas compliqué à convaincre. La dernière offre des Cavaliers arriva sur le bureau d’Ed Stefanski quelques minutes avant le clap de fin du marché des transferts  : Brandon Knigh + John Henson + le second tour de draft 2023 des Warriors.

La suite, nous la connaissons tous. Détroit acceptera ce panic move afin de ne pas perdre la face et surtout de pouvoir profiter de deux contrats expirants, s’offrant le « luxe » de profiter d’une marge de manœuvre intéressante pour la prochaine free agency. Pour nous, même si ce transfert peut être jugé intriguant, nous récupérons un solide pivot qu’il faudra essayer de convaincre dans les prochaines semaines de continuer sa carrière dans l’Ohio.

C’est d’ailleurs tout l’intérêt de ce trade pour Cleveland  : ramener un joueur expérimenté malgré son jeune âge (26 ans seulement), capable de fluidifier le jeu des Cavs grâce à sa vision du jeu et ses capacités athlétiques.

Pour ses trois premiers matchs avec les Cavaliers, l’ancien joueur des Pistons a pu démontrer toutes ses qualités, notamment au rebond et dans la protection de cercle, deux choses qui faisaient défauts aux Cavs jusqu’ici. Sa complémentarité avec Kevin Love et Larry Nance Junior ne fait pas trop de doutes pour le moment et, même si la concurrence avec Tristan Thompson sera rude compte-tenu du niveau de jeu de l’ancien numéro 4 de la draft 2011.

Qu’il reste ou qu’il parte libre cet été, voir l’été prochain, Andre Drummond reste un pari intriguant pour les Cavaliers. Jeune, expérimenté et capable d’apporter un profil différent de Tristan Thompson, Drummond représente un moyen fiable de dépenser l’argent disponible cet été sans risquer de compromettre notre futur. En faisant venir une vieille connaissance aux multiples qualités, Koby Altman a signé l’un des moves les plus surprenants de la free-agency, le genre de paris low risk / high reward capable de remettre les Cavaliers sur la bonne voie, à court comme à moyen terme.

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