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Les Cavs trouvent des réponses

Les Cavs trouvent des réponses

Les Cavs ont enfin gagné un match. En battant les Pistons 115 – 112, Cleveland s’est donné un peu d’air au niveau médiatique. Mais au-delà de la victoire face aux Pistons, John Beilein a de nombreuses choses à retenir sur la manière de faire fonctionner cette équipe. Il n’est pas ici question de dire à Beilein comment coacher, mais plutôt de pointer du doigt des réussites qui méritent de se voir reproduire lors des prochains matchs ou tout simplement se projeter sur le futur.

Cleveland ne dispose pas de beaucoup de bons joueurs. Ni même d’un roster construit sur des considérations sportives. Si l’on ajoute à cela la multitude de joueurs indisponibles (Dante Exum, Kevin Porter Junior, Larry Nance Junior, John Henson, soit l’intégralité du banc), il est normal de voir les Cavaliers avoir quelques soucis à conclure les matchs.

Le cas Collin Sexton : bien utilisé, le sophomore est bon.

Mais au-delà des derniers résultats décevants (5 défaites consécutives avant hier soir), c’est surtout la manière qui posait problème. Un Kevin Love pas assez mis en valeur, un Collin Sexton beaucoup trop gourmand et l’impression qu’à chaque mauvaise décision du sophomore, tous ses coéquipiers sont prêts à vouloir l’étrangler. Car au-delà d’être un enfer pour les yeux, cette série de défaites a surtout été un cauchemar pour le vestiaire des Cavaliers.

Récemment, Channing Frye a fait une sortie très intéressante sur les problèmes liés à Collin Sexton. Ses coéquipiers apprécient l’homme et ses qualités mais ils semblent avoir énormément de difficultés à supporter les nombreux passe-droits dont il dispose en attaque. Trop gourmand, pas toujours efficace et surtout incapable de faire vivre le jeu collectif, le sophomore a été au coeur des discussions ces derniers jours. Moqué pour son manque de vision du jeu, même sur des situations faciles, la question s’est alors posé de l’influence du staff et du front office dans cette sur-exposition du jeune joueur.

Il est vrai qu’aucun joueur aussi jeune et aussi peu compétent dans la lecture du jeu ne devrait pouvoir disposer d’autant de munitions, surtout dans les moments importants. Pourtant, Sexton progresse dans tous les autres domaines, plus efficace au cercle et dans la peinture en général, meilleur en défense, on sent que le travail finira par payer. Mais à l’heure actuelle rien ne justifie son utilisation et le fait qu’il soit la première option offensive de l’équipe avec 27% d’Usage Rate.

Comme une preuve supplémentaire de cette disproportion, le match face aux Pistons a parfaitement mis en valeur les qualités du Sexman et le rôle qui devrait être le sien en NBA : jamais (ou presque) recherché par ses coéquipiers en fin de match, le Young Bull a pourtant livré une prestation de grande classe dans les derniers instants. Posté dans le corner à l’affût des drives à faire ligne de fond ou des 3 points à déclencher, il s’est surtout concentré sur la défense et le jeu en transition.

Hyperactif sur Derrick Rose, collant au possible sur Bruce Brown, il a mis en avant ses qualités physiques pour participer à l’excellente défense des Cavs dans les dernières minutes (3 points encaissés sur les 5 dernières minutes). Surtout, il a profité de ses bonnes aides pour ensuite faire parler sa vitesse en transition et mettre la pression sur la défense des Pistons.

Aujourd’hui, son rôle en NBA doit être celui-là. Le pitbull qui va agresser les failles de la défense, bien lire les cuts et trouver ses lignes de drive sans jamais trop garder le ballon. Ce n’est pas méchant ou une mauvaise chose pour lui, c’est juste la voie à suivre pour n’importe quel joueur disposant de ses qualités et de ses défauts. Et c’est au final la seule manière de préserver son temps de jeu sans pousser Kevin Love à commettre l’irréparable.

Il n’est pas ici question de retirer toutes responsabilités au jeune arrière des Cavs, mais de les restreindre ou de les faire apparaître avec des joueurs moins importants (comme la second unit). Collin Sexton est un projet de long-terme, plus encore qu’un jeune joueur classique. Ses lacunes tactiques sont effrayantes mais le potentiel physique et technique laissent à penser que le jeu en vaut la chandelle comme on a pu le voir face aux Pistons. Mais Beilein et son staff doivent s’y prendre de la bonne manière, peu importe que Sexton marque 10, 20 ou 40 points, tant qu’il aura un rôle démesuré et qu’il sera incapable de faire des gestes basiques, les critiques continueront de pleuvoir.

Darius Garland doit toucher le ballon.

L’autre raison qui nous pousse à réclamer la mise en retrait de Sexton est son compère du backcourt. Oui Darius Garland n’est pas parfait (quoi que…) mais son talent explose chaque match un peu plus. S’il est encore frêle physiquement et donc terriblement limité en défense, il est en train de prendre une nouvelle dimension en attaque. Plus agressif, de plus en plus à l’aise près du cercle (même si pas encore au niveau de vrais meneurs NBA), il trouve de mieux en mieux ses coéquipiers.

Bien sûr, il doit énormément travailler, comme par exemple sur sa relation avec Kevin Love sur les pick and pop durant lesquels il a encore du mal à trouver son ailier-fort. Malgré une première période relativement décevante, il a été crucial dans la remontée des Cavaliers, que ce soit à la fin du troisième quart-temps, moment qu’il a choisi pour enchaîner 8 points consécutifs ou plus tard dans le match, quand ses 3 assists consécutives en 30 secondes auront permis à Cleveland de revenir à égalité.

Bien sûr, sa défense pose problème, il est trop léger et pas assez rapide latéralement pour pouvoir bloquer les meilleurs guards, Derrick Rose l’ayant attaqué sans relâche. Aujourd’hui, il doit être caché en défense pour éviter d’être un poids trop important pour son équipe. Mais le futur est définitivement brillant, son handle, déjà parmi les meilleurs de la ligue, ne flanche pas dans les moments importants et sa capacité à trouver ses coéquipiers en fait un incontournable pour les Cavaliers en fin de match. Il est bien plus imprévisible que Sexton et il aura tendance à privilégier le right play au bon moment.

Quand on regarde le money-time face aux Pistons, on se rend rapidement compte que celui qui doit prendre les décisions, c’est Garland. On espère que John Beilein l’a vu, l’a compris. Ses joueurs, Kevin Love et Tristan Thompson en tête semblent l’avoir intégré tant ils ont évité de donner la gonfle à Sexton au cours des dernières minutes. Il est temps de faire de Garland le principal porteur de balle de cette équipe, il n’y a aucun doute à avoir à ce sujet.

Tristan Thompson, Cavalier for life ?

Tristan Thompson, 13ème de notre top 50 des plus grands joueurs de l’histoire des Cavaliers.

35 points, 14 rebonds, 3 assists, 3 contres. Non, ce ne sont pas les stats de Joel Embiid, ou de Kareem Abdul-Jabbar mais bien celles de Tristan Thompson. Le pivot des Cavs, présent dans l’Ohio depuis bientôt 10 ans, a réussi la meilleure performance de sa carrière, alliant grosse défense, rebonds offensifs et lancers-francs clutch.

Aujourd’hui, les Cavaliers sont face à un dilemne. Dans la forme de sa vie et agent libre à l’été 2020, Thompson peut représenter une cible de choix pour les différents contenders désireux de densifier leur raquette et il pourrait permettre aux Cavs de grapiller quelques assets supplémentaires. Pourtant, quand on voit son intensité, son leadership permanent que ce soit avec les jeunes joueurs ou même avec les vétérans, et son attachement à la franchise, on se dit qu’il serait dommage de voir Tristan quitter Cleveland.

Si Rich Paul, son agent, a déjà expliqué que Thompson testerait la free-agency, le front-office des Cavaliers est en en train de sérieusement réfléchir à la possibilité de lui offrir un gros contrat cet été, afin de garder un joueur solide, bon défenseur, capitaine exemplaire d’une équipe en difficulté. Bien évidemment, il ne sortira des records de points tous les soirs (sinon Wilt Chamberlain peut commencer à trembler), mais il apporte un supplément d’âme à une équipe qui en a cruellement besoin.

Surtout Tristan Thompson est sans doute le meilleur free-agent que les Cavs pourront signer cet été et, avec la place qui est la leur dans le cap space, Cleveland pourra lui offrir un bon gros chèque pour le convaincre de rester. Bien qu’il n’ait jamais réussi à gommer certains de ses défauts, Thompson est à l’image de Cleveland. Un joueur sous-estimé et souvent moqué, travailleur et obstiné pour une franchise et une ville souvent mal considérées mais terriblement attachantes.

Tristan a l’occasion de devenir l’un des plus grands Cavaliers de tous les temps. 7ème joueur ayant disputé le plus de matchs, 8ème au nombre de minutes, et 4ème au nombre de rebonds, Cleveland lui offre une opportunité unique : devenir une légende, chose qui aurait été inimaginable au moment de sa draft. Personnellement, je veux qu’il reste. Je veux qu’il continue de gueuler sur les jeunes, qu’il mette des claques quand il faut, qu’il continue d’incarner la franchise aussi longtemps qu’il le voudra. Il est parfois nul, très nul même, mais son apport ne se quantifie plus au niveau du jeu, Tristan Thompson a quelque chose d’autre, quelque chose dont les Cavs auront terriblement besoin au cours des années qui arrivent.

Voilà les 3 pensées principales qui sont les miennes après ce match face aux Pistons. Rien de neuf, rien de vraiment surprenant, juste des choses qui se confirment à chaque match qui passe, à chaque déclaration dans la presse. Je veux que Garland, Sexton et Thompson fassent partie du futur des Cavs, dans des rôles proportionnés à ce qu’ils sont et ce qu’ils offrent. Construire une culture prend du temps, beaucoup de temps, surtout quand on est une équipe aussi dysfonctionnelle que les Cavaliers. Mais, malgré les polémiques (futiles souvent) et les défaites, je ne peux pas m’empêcher d’être optimistes. La lumière au bout du long tunnel qu’est cette reconstruction est faible, elle vacille parfois et il est facile de la perdre de vue, mais elle est là. 

Fan des Cavaliers depuis 2013, je cherche depuis une raison de m'accrocher à une équipe qui passe le plus clair de son temps à me détruire le cœur.

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