Reseaux sociaux

Draft

Le Big Board 1.0 : quel joueur pour les Cavs ?

Le Big Board 1.0 : quel joueur pour les Cavs ?

À 6 mois de son déroulement au Barclays Center de Brooklyn, la draft 2020 s’annonce complètement illisible. Après plusieurs mois de compétitions tout autour du globe, aucun joueur ne semble faire l’unanimité. Pire, tous les joueurs du haut de cette cuvée semblent être de vrais paris. Dès lors, contrairement à la saison passée où Zion Williamson et Ja Morant faisaient exploser internet toutes les semaines, les fans des différentes franchises engluées au fond de la ligue sont dans l’incapacité de se projeter.

Dans cet article, nous ne ferons pas une projection détaillé des 30 choix composant le 1er tour. Nous tenterons plutôt de décomposer la draft en différents paliers afin de voir quelles sont les meilleures options pour les Cavaliers. En effet, cet article ne concerne que les Cavaliers, il est important de le rappeler afin de ne pas tomber dans les pommes si vous voyez certains joueurs bien plus hauts ou plus bas que dans d’autres mocks drafts plus généralistes.

Comme vous le savez, les Cavaliers sont déjà bien fournis sur certains postes. Darius Garland est amené à occuper le poste de meneur titulaire au cours des prochaines années grâce à son potentiel exceptionnel offensivement. À ses côtés, Collin Sexton s’impose de plus en plus comme un vrai joueur NBA, capable de durer dans la meilleure ligue du monde, et Kevin Porter Junior, blessé actuellement, a montré des choses très très intéressantes qui laissent penser qu’il peut s’installer progressivement comme un arrière titulaire en NBA.

Au-delà de ce trio, Cedi Osman et Dylan Windler semblent pouvoir être des joueurs de rotations intéressants, capable d’apporter du shoot, du mouvement et du QI dans de bonnes équipes. Larry Nance Junior est un joueur égal à lui-même, parfait dans un rôle d’homme à tout faire versatile. Dernièrement, les Cavaliers ont accueilli en plus Andre Drummond, le pivot deux fois All-Star des Pistons. Aujourd’hui, le futur du géant passé par U-Conn semble se dessiner dans l’Ohio, ouvrant un peu plus grand la porte pour un départ de Tristan Thompson cet été.

Partant des jeunes joueurs et malgré l’arrivée de Drummond, les Cavs manquent de tout, notamment de défense (sur tous les postes, partout, dans toutes les conditions). Bien évidemment, les Cavs vont miser avant tout sur le talent avant de penser à d’éventuels fits. Mais dans une draft qui s’annonce peu lisible, je pense que cette donnée doit prendre une importance capitale, comme vous le verrez dans les choix suivants, quasiment aucun des joueurs évoqués n’étant des guards.

Entre les picks 1 et 5 :

Anthony Edwards : 18.9 PTS 4.5 RBDS 3.2 ASTS 1.3 STLS

Attendu comme l’une des futures superstars de cette draft, Anthony Edwards a beaucoup déçu jusqu’ici. Ayant choisi d’évoluer sous les couleurs de Georgia afin de rester dans l’état qui l’a vu naître et grandir, il a également fait le choix d’une faculté peu réputée pour son programme de basket. Entouré de coéquipiers médiocres, Edwards peine à gagner des matchs et risque fort logiquement de manquer la March Madness.

Mais au-delà des résultats collectifs décevants mais prévisibles, Edwards soulève de nombreuses interrogations que la faiblesse de ses coéquipiers ne peut totalement expliquer.

41.3% de réussite au shoot sur la saison, c’est faible, très faible., surtout pour un joueur aussi solide physiquement et qui devrait avoir la capacité de pénétrer la raquette adverse autant qu’il le souhaite. Son shoot extérieur pose également question avec 31.5% de réussite à 3 points et un très moyen 72.9% aux lancers francs. Ses statistiques médiocres au scoring lui offrent un très moyen 48.2 d’EFG%.

Dernièrement, il est apparu très en difficulté sur les derniers matchs, ne scorant pas avec efficacité et inscrivant la plupart de ses points dans le garbage time. Ses prises de décisions douteuses et sa confiance exacerbé en un jump-shot qu’il doit encore beaucoup travailler l’empêchent d’être efficace.

Mais alors, pourquoi un joueur principalement vu comme un gros scoreur est-il aussi haut malgré des statistiques moyennes et des performances en dents de scie ?

Pour une multitude de raisons. D’abord son très jeune âge, en effet, le jeune arrière n’aura 19 ans que le 5 août ce qui fait  de lui l’un des joueurs les plus jeunes de la draft.

Ensuite son physique. Culminant à 1m93, Edwards compense cette relative petite taille par une carrure déjà taillée pour la NBA (100 kilos sur la balance tout de même) et une envergure à même de faire de lui un défenseur d’élite (2m05 d’envergure).

Comme tous les jeunes joueurs, en particulier les guards, Edwards est logiquement bien plus à l’aise sur transition que quand le le jeu se pose sur demi-terrain. Sa vitesse et son moteur physique lui permettent d’agresser les défenses un peu laxistes sur le repli.

De plus, sa qualité de passe n’est pas à sous-estimer. Étant le meilleur joueur de son équipe il est logiquement amené à exercer certaines responsabilités à la création. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’en sort pas trop mal avec plus de 3 assists par matchs. Encore une fois, il lui reste à travailler sa capacité à jouer le pick and roll avec efficacité mais dès lors qu’il arrive à jouer en transition, il peut faire les bonnes lectures afin de trouver ses partenaires dans le bon timing.

Si Edwards travaille avec sérieux sur ses fondamentaux, notamment son handle et son shoot extérieur, ce cocktail physique exceptionnel pourrait faire de lui un joueur exceptionnel d’ici quelques années. Mais nous sommes ici dans du basket fiction.

Si le jeu NBA et des défenses différentes (moins de zones pour bloquer la raquette notamment) et le fait de jouer avec des coéquipiers meilleurs devraient lui faciliter la vie en NBA, il est important que comme tous les autres joueurs de cette cuvée, Edwards ne transformera pas le visage d’une franchise NBA du jour au lendemain.

Pour vous donner envie, voici la meilleure performance en NCAA de l’ami Edwards :

 

James Wiseman : 19.7 PTS 10.7 RBDS 3 BLKS

© University of Memphis, photo by Trey Clark.
Wiseman_James_1920MBB_4124_TC_20191011

Frustration. C’est sans doute le terme qui définit le mieux le sentiment que partage les différents front-office de NBA à l’évocation du nom de James Wiseman.

Attendu très haut en sortie de high school, le freak du Tennessee était vu par beaucoup comme le nouveau pivot dominant qui allait impacter la NBA.

8 mois plus tard, tout le monde est resté sur sa faim. D’abord blessé lors de la pré-saison, il a vu son année universitaire prendre fin après 3 petits matchs. Suspendu 12 matchs par la NCAA, le pivot a décidé de mettre fin à sa saison, d’engager un agent et de se préparer à la prochaine draft NBA.

Si le move est bien vu d’un point de vue business (il ne risque pas de faire baisser sa côte), il jette un vrai flou sur son réel niveau et son potentiel.

Pourtant, avec une taille de 2m13 et une envergure monumentale de 2m30, le potentiel physique est monumental. Très mobile et fluide, avec une capacité innée à jouer les alley-oops et à contrer ses opposants, son futur dans la ligue semble assuré. Et pourtant…

Wiseman est un joueur dont on ne sait presque rien mais dont les rares images laissent perplexe. Capable de devenir un défenseur d’élite de par son envergure et son sens du timing, il semble encore terriblement naïf, sautant sur toutes les feintes possibles et inimaginables. Pire que ça, il fait souvent preuve de mauvais placements, n’arrivant à contenir ni le porteur de ball ni le roll-man. Mais ça se travaille, avec l’expérience, le visionnage vidéo et beaucoup de travail.

En attaque, c’est plus délicat. Déjà capable de marquer des points sur rebonds offensifs, sur alley oops (enfin une vraie cible pour Darius Garland), ou sur des mismatchs très avantageuses, le big man tente de développer un jeu à distance afin d’être une réelle menace complète. Seul problème, le toucher n’est pas là. Si sa fluidité et sa très grande mobilité lui donnent un footwork exceptionnel avec des capacités à joueur face au panier comme dos au panier, il manque de « thoughness« .

Et on rentre ici dans un défaut qui semble très inquiétant pour un pivot de sa taille. Wiseman a longtemps été vu comme un joueur soft et son année universitaire devait être un moyen pour lui d’effacer ces doutes et ces interrogations. Malheureusement, nous restons aujourd’hui sur les impressions qu’il avait laissé en lycée et en AAU.

Il pose de mauvais écrans, ne s’investit pas dans le contact, repart trop vite ce qui empêche le porteur de balle de créer une vraie séparation. En attaque, il préfère souvent jouer loin du panier et shooter à mi-distance au lieu d’enfoncer son vis-à-vis.

 

James Wiseman joue comme LaMarcus Aldridge mais sans avoir le toucher du pivot des Spurs. Et ça pose un énorme problème car la mentalité d’un joueur ne change jamais. On peut par exemple critiquer Collin Sexton sur bien des choses, mais si James Wiseman possédait la même mentalité que le young bull, il serait indiscutablement le 1st pick.

Même au-delà de son manque de domination au poste bas et de sa volonté de toujours rechercher le tir plutôt que dominer sous l’arceau, Wiseman n’est pas un génie de la passe, même s’il peut faire les lectures les plus basiques, il semble avoir du mal à lire les aides pour ressortir le ballon.

Sur son jeu, bien des choses peuvent s’apprendre. Défensivement, son envergure seule serait un atout majeur pour les Cavaliers et la présence d’Antonio Lang, le coach qui s’est occupé du développement de Rudy Gobert , au sein du staff des Cavaliers ne peut que pousser à l’optimisme.

Offensivement, Wiseman sait que s’il participe à des work-outs avec différentes équipes NBA, son shoot sera particulièrement scruté. Son adresse aux lancers-francs et sa mécanique de shoot seront particulièrement ciblées par les différents scouts et il a tout intérêt à travailler énormément sur cet aspect de son jeu. Le jeu au poste se travaille (coucou Hakeem Olajuwon et son camp pour les pivots) et l’expérience aide à mieux lire le jeu.

Reste encore à enlever les doutes concernant sa mentalité. James Wiseman est-il 100% tourné vers le basket ? Donnera-t-il tout pour devenir le joueur qu’il peut devenir ? Si la réponse est oui, alors il n’y a aucun doute à avoir sur son avenir. Si non, il ne vaut clairement pas un pick aussi haut. La mentalité, on l’a ou on l’a pas, Tristan Thompson pourra toujours lui rentrer dedans à l’entraînement ou au shoot-around tous les jours, mais on aura toujours un goût amer dans la bouche.

Vous l’aurez compris, le potentiel de Wiseman est (très très très) alléchant. Pour lui et son futur, tout dépendra de ses évaluations psychologiques (s’il en passe) et de ce que les scouts NBA auront réussi à apprendre sur lui et sur sa passion pour le jeu.

Onyeka Okongwu : 17.8 PTS 8.9 RBS 1.1 STLS 3.1 BLKS

ATTENTION CHOUCHOU ! Parmi les joueurs que l’on attendait pas cette saison et qui ne cessent d’impressionner, Onyeka Okongwu se pose là. Très solide au cours de son parcours lycéen au très réputé Chino Hills High School, l’ailier-fort d’USC est en train de faire une saison monstrueuse en NCAA. Du côté de sa Californie natale, sous les couleurs d’USC, il est en train de proposer un échantillon très fourni sur ses capacités, de quoi faire baver les scouts NBA.

Mesuré entre 2m05 et 2m08, il est un peu sous-dimensionné pour jouer le rôle de pivot en NBA mais sa détente verticale impressionnante, ses longs bras et ses 111 kilos de muscle devraient l’aider à s’éclater dans la grande ligue. Aujourd’hui, Okongwu propose un combo de puissance, d’agilité et de toucher assez unique dans cette draft.

Très tanké, avec un centre de gravité assez bas ce qui lui permet d’être difficile à bouger, il est très puissant au poste bas et doté de bonnes mains ce qui lui permet de shooter à 62.3% en moyenne. Son shoot demande à être travaillé (il joue quasi-exclusivement à l’intérieur et n’a pas rentré un seul tir à 3 points cette saison) mais ses 72.5% de réussite aux lancers-francs semblent encourageants, la mécanique n’étant pas hideuse.

Au final, sur sa saison universitaire encore loin d’être aboutie, Okongwu possède un True Shooting % de 65% ainsi qu’un Effective Field Goal % de 62.3%. Compte tenu de son manque de tentatives et de réussite à 3 points, ces chiffres sont très bons. Maintenant, il convient de s’interroger sur la portée de telles statistiques en NBA, une ligue où les monstres physiques pullulent dans les raquettes et où la compétition est bien plus relevée. Okongwu aura toujours la capacité de scorer au poste bas, surtout sur des mismatchs (pas face à tout le monde)  grâce à ses qualités techniques et athlétiques mais il risque de voir chuter son efficacité.

Il sera néanmoins une superbe cible de pick and roll pour les ball handlers avec lesquels il partagera la gonfle. Très intelligent, il pose de très bons écrans, court bien vers le cercle grâce à une mobilité excellente (bon footwork plus souplesse au niveau des hanches permettant des changements de direction rapides) et peut finir facilement au-dessus du cercle grâce à une très bonne détente verticale.

Au-delà d’aptitudes intéressantes sur jeu placé, ses qualités athlétiques font de lui une terreur en transition :

Maintenant, en défense, il a tout pour devenir un Bam Adebayo-like. Mobilité exceptionnelle, longs bras et supers instincts font de lui une terreur défensivement. Déjà très bon en tant que contreur en second rideau, il a montré sur certaines séquences des capacités intéressantes sur les switchs. Jouant majoritairement au poste 4 en NCAA, son manque de shoot devrait conduire des équipes NBA à le faire jouer au poste 5. S’il sera toujours sous-dimensionné (comme Adebayo), il a absolument TOUT en magasin pour devenir un joueur élite de ce côté du terrain comme le prouve ses 3.8 contres et 1.3 interceptions de moyenne sur 36 minutes.

Tout n’est pas parfait chez Okongwu, son shoot est encore un chantier et son passing game mérite de se développer. Il reconnaît encore trop lentement les prises à deux et a parfois du mal à trouver le joueur démarqué, que ce soit sur pick and roll ou au poste bas. Mais à l’heure actuelle, il est l’un des tous meilleurs prospects de cette draft. Il est même le joueur possédant le « floor » le plus élevé et le plus certain. Son impact en NBA est facilement visualisable et ses axes de progression également. En somme, il n’est pas un mystère total, en opposition à James Wiseman.

Son plafond semble moins élevé que celui de James Wiseman, tout simplement car l’éphémère pivot de Memphis est un freak physique sans aucune comparaison cette année, mais même là, ce n’est pas certain. Okongwu est un joueur plus accompli et sa mentalité semble irréprochable sur et en-dehors des parquets. En bref, il est un choix simple et efficace, un joueur qui apportera en défense et pourra remplir le rôle de poseur d’écrans, rim runners pour Darius Garland, Sexton et Kevin Porter Junior. Surtout, son handle est loin d’être catastrophique et on est aujourd’hui capable de l’imaginer pouvoir jouer des isolations poste bas aussi bien face que dos au panier grâce à un premier pas rapide et un bon contrôle du ballon.

 

Alors évidemment, comme pour Wiseman, l’arrivée de Drummond risque de faire de l’ombre à un jeune intérieur, aussi talentueux soit-il. Doit-on pour autant éviter de drafter l’un des deux jeunes intérieurs les plus prometteurs de cette cuvée ? Absolument pas, surtout concernant Okongwu. Généralement, on ne drafte pas un joueur dans le top 5/10 pour le mettre sur le banc, mais dans cette situation, cela ne doit absolument pas freiner ou gêner les Cavaliers.

Si Drummond active sa player option, cela donne un an aux Cavaliers pour évaluer l’ancien joueur de Detroit ET le jeune intérieur fraîchement drafté. Si Onyeka Okongwu était amené à briller avec le banc des Cavaliers, alors Koby Altman pourrait se séparer de Drummond à la trade deadline 2021 ou lors de la free-agency de la même année.

 

Entre les picks 5 et 10 :

Dans un top 10 quasiment exclusivement composé de guards, les Cavaliers risquent de rapidement se retrouver à court d’options si les joueurs évoqués précédemment sont pris. La loterie jouera un rôle crucial (comme toujours) mais étant donné le relatif faible niveau du haut du panier, elle n’est vraiment pas un critère essentiel dans la réussite de cette draft. Au-delà des joueurs cités plus haut dont le plafond est très dur à cerner, le top 10/15 recèle d’autres joueurs très intéressants qui intégreraient parfaitement le projet des Cavaliers.

Killian Hayes :

Encore un guard qui n’aura pas 19 le soir de la draft. Mais mis à part cette caractéristique commune avec Edwards, la comparaison s’arrête ici.

Plus grand que l’américain, l’ancien joueur de Cholet pèse pourtant près de 15 kilos de moins. Long et élancé, le français a rejoint l’Allemagne et le Ratiopharm Ulm cet été afin de disposer de plus de temps de jeu. Pari gagnant car à force de briller régulièrement sur la scène européenne, le jeune français a vu sa côte grimper en flèche outre-Atlantique.

Il faut dire que le jeune arrière possède un profil très intéressant. Principal ball-handler de son équipe, il a montré tout au long de la saison une capacité très intéressante à créer du jeu pour ses coéquipiers. Ses 7.9 assists par match sur 36 minutes dans une ligue professionnelle témoignent de cette qualité très recherchée dans la grande ligue. Il a fait preuve d’une grande qualité sur le pick and roll avec une vraie aisance quant au fait de trouver ses coéquipiers à l’intérieur de la peinture.

Toujours alerte, très efficace sur pick and roll, Hayes combine ces qualités avec une très belle capacité à scorer dès lors qu’il attaque le cercle ainsi qu’un shoot dont le potentiel semble très très élevé. S’il ne tourne qu’à 33.3% derrière l’arc, il est à plus de 88% aux lancers francs ce qui est très encourageant pour la suite malgré une mécanique qui demande à être travaillée. Avec un handle de qualité qui lui permet de créer de la séparation avec son défenseur, il possède le panel complet pour s’imposer à terme comme un arrière titulaire en NBA.

Au-delà de ses qualités offensives (59.5% de TS% et 54.7% d’EFG%), Killian Hayes est un pur produit de la formation européenne avec des bases défensives qui semblent déjà prêtes pour la NBA. 2 steals de moyenne sur 36 minutes, de grands bras et une vraie rigueur, de quoi apporter un peu de qualité à une équipe des Cavaliers qui en manque cruellement.

Vous l’aurez compris, Hayes apparaît comme le joueur le plus complet du haut de cette draft à mon sens. Régulier dans un championnat professionnel, complet en attaque avec toutefois une vraie marge de progression, un physique et un QI prêts pour la NBA, Killian ressemble fort au français drafté le plus haut de l’histoire.

Maintenant, qui osera le drafter aussi haut malgré son talent et son potentiel ? C’est un vrai mystère. On le sait, les scouts et les GM ont toujours eu peur de drafter haut des joueurs européens notamment à cause d’une différence physique importante entre le vieux continent et les US. Surtout, est-ce que les Cavaliers oseront drafté un nouveau guard dans un rôle assez proche de celui de Darius Garland ? C’est pour moi le principal frein à son arrivée dans l’Ohio.

Deni Avdija :

Attendu très haut avant le début de saison, il serait un peu dur de dire que Deni Avdija a déçu cette saison. La vérité c’est que dans une équipe du Maccabi Tel-Aviv qui joue au plus haut niveau européen, Avdija peine à trouver du temps de jeu et donc à poser les statistiques nécessaires pour attirer l’attention des observateurs. Pourtant, le jeune israélien possède un profil intéressant.

Avec 2m05, pour presque 100 kilos, le natif de Beit Zera possède un physique déjà prêt pour la NBA. Avec une mécanique de shoot très propre, il possède un toucher de balle très intéressant lui permettant de scorer dans différents scénarios une fois qu’il a décidé d’attaquer la peinture. Pour preuve, son excellent 53% de réussite aux tirs.

Euro-step, floater, avec la planche ou non, Avdija peut finir. Ces qualités techniques sont d’autant plus mises en valeur par son QI basket supérieur à la moyenne, faisant de lui un passeur exceptionnel pour son âge et son poste ainsi qu’une réelle menace sur transition comme sur demi-terrain.

 

 

Avec un handle de qualité mais qu’il devra encore travailler pour éviter de perdre trop de ballons face aux meilleurs défenseurs NBA, néanmoins, il ne devrait pas devenir le principal créateur d’une équipe NBA, ni aujourd’hui ni dans le futur, ce qui devrait lui enlever de la pression.

Tout n’est pas parfait cela dit. Il doit encore développer un mid-range game, un pull-up jumper efficace et surtout il doit gagner en régularité aux lancers car il est bien trop inconstant (53.5% aux LFs au moment où ces lignes sont écrites).

 

Défensivement, Avdija a les défauts de ses qualités. S’il a montré de beaux instincts et une belle compréhension du jeu, il manque parfois de vitesse latérale et de mobilité au niveau du bassin ce qui va lui empêcher de rattraper les extérieurs les plus rapides, ce n’est toutefois pas un défaut rédhibitoire.

Néanmoins, il ne devrait pas être ridicule, tant qu’il arrive à éviter les fautes qui devraient affluer au vu de sa tendance à toucher ses adversaires et à s’aggriper au maillot de ses adversaires, chose impossible en NBA.

Au final, Avdija est un futur bon joueur NBA. Dans la tradition des joueurs européens, il semble pouvoir jouer des années en s’appuyant uniquement sur son QI et sa compréhension du jeu, maintenant il va devoir travailler énormément afin de réellement pouvoir impacter le jeu de son équipe.

Il n’est pas Luka Doncic, il faut le dire pour éviter les enflammades ou les comparaisons. Il n’a pas le jeu du prodige de Dallas, il n’a pas son talent et son aura et l’équipe qui draftera le jeune joueur du Maccabi devra en être consciente.

Son plafond physique et athlétique semble limité et, si cela ne définit pas tout (coucou Steph, Luka, etc), cela pose certaines barrières à son plafond. Que sera Avdija ? Impossible à dire, mais sa place à la draft dépendra énormément de ce que les GM voient en lui.

https://www.youtube.com/watch?v=IeTl3FVG49k

Isaac Okoro :

ATTENTION CHOUCHOU !

Isaac Okoro fait partie de ses joueurs dont les statistiques ne reflètent pas la puissance du eye-test. Meilleur défenseur extérieur de cette draft (avec Edwards ou Ashton Hagans), l’ailier d’Auburn impressionne par sa hargne et sa lecture du jeu. Collant au possible sur son adversaire direct (demandez donc à Anthony Edwards ce qu’il en pense), il parvient à bien le diriger et à bien lire les lignes de passes.

S’il est encore un peu petit (il n’a peut-être pas fini sa croissance) avec ses 2mètres, un travail musculaire approprié afin de lui faire prendre du poids devrait être à même de faire de lui un des tous meilleurs défenseurs extérieurs de NBA dans les années à venir.

Mais au-delà de ces qualités défensives pas toujours visibles dans le box-score, Isaac Okoro propose un condensé de qualités offensives qui laissent à penser qu’il pourra évoluer en NBA. Malgré un shoot toujours trop peu fiable, sa puissance physique lui permet de se créer un chemin jusqu’au cercle où il excelle. Surtout, il arrive à faire régulièrement les bonnes lectures en servant ses partenaires dans la raquette.

Au final, ses statistiques sont bien moins flatteuses que celles de ses camarades de promotion, mais la défense d’Okoro semble être une porte d’entrée pour la NBA. Son manque de shoot (moins de 30% à 3 points et moins de 70% aux lancers-francs) est pour l’instant un frein non négligeable à son futur en tant qu’option offensive prioritaire d’une équipe NBA mais ses qualités de playmaking et son sens du jeu, des deux côtés du terrain, devraient lui permettre d’être un joueur de rotation utile.

Il ne faut pas oublier que de nombreux joueurs NBA ont commencé leur carrière comme chien de garde spécialisé en défense avant de voir leur rôle évoluer au fil de leurs progrès. On pense notamment à Kawhi Leonard et Jimmy Butler. Bien sûr, il serait vain de croire que chaque défenseur extérieur peut se transformer en superstar, mais Isaac Okoro semble avoir toutes les qualités physiques et mentales pour réussir en NBA.

 

Les prospects à éviter :

Avant d’aller plus loin et de faire une liste plus ou moins exhaustive des joueurs intéressants à drafter entre la fin du 1er tour et le second tour (voir même à récupérer si non drafté), nous allons revenir rapidement sur les joueurs que les Cavs doivent laisser passer. Car oui, cette draft est faible à son sommet et les fausses bonnes affaires seront nombreuses, surtout pour une équipe comme les Cavaliers.

Lamelo Ball : à ne pas drafter dans le top 5

Que l’on soit bien clair, Lamelo Ball a du talent et il a toute sa place en NBA, cependant, il serait un fit horrible chez les Cavaliers et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Cleveland a déjà drafté 3 guards sur les deux dernières drafts et ils semblent tous être des joueurs NBA totalement convenables. Les récents progrès affichés par Collin Sexton font de lui une pièce difficilement transférable car scorer 20 points à plus de 50% au shoot n’est pas donné à tout le monde. Surtout, ses capacités physiques devraient l’aider à progresser en défense pour devenir un joueur plus que correct de ce côté du terrain.

Darius Garland a du talent plein les mains et, s’il va devoir travailler d’arrache-pied pour progresser physiquement et améliorer sa panoplie offensive, il semble être le meneur du futur dans l’Ohio. Kevin Porter Junior est quand à lui l’un des steals de la dernière draft et son potentiel ne semble pas avoir de limites.

Lamelo Ball viendrait non seulement bousculer un trio qui se développe bien et dont les membres montrent des progrès évidents depuis leur arrivée dans la ligue, mais il apporterait en plus son lot de problématiques. Lamelo n’est pas Ja Morant, prospect immense et immanquable l’an dernier. Sa vision du jeu est excellente et son handle est déjà très solide mais il a montré des limites très inquiétantes dans son scoring. En NBL, ligue extrêmement ouverte offensivement, il a peiné au scoring, shootant à un apocalyptique 37.5 au shoot dont 25% à 3 points. Le problème ce n’est pas son shoot, chose qui l’avait fait connaître alors qu’il était encore en high school. Malgré sa taille et son envergure, il n’arrive pas à scorer dans la peinture, il explose au contact et cela me paraît très inquiétant.

Surtout, en défense il n’apporte quasiment rien. Ses attributs physiques sont excellents pour la NBA et pourtant, il est d’une passivité extraordinaire de ce côté du terrain. On peut tenter d’expliquer cela par la théorie du « beaucoup de responsabilités offensives donc repos en défense ». Sauf que les Cavs n’ont absolument pas besoin d’un nouveau meneur mauvais en défense et incapable de scorer avec efficacité.

Est-ce que le potentiel est là ? Oui, c’est indéniable même s’il va devoir énormément travailler sur son scoring et son attitude défensive. Son QI basket est déjà excellent, notamment sur demi-terrain contrairement à son frère qui a toujours été plus à l’aise sur transition, et il va pouvoir faire beaucoup d’assists en NBA. Mais les Cavaliers ont déjà Garland dans ce rôle et surtout, ils ont énormément de trous à combler. Lamelo doit être une opportunité à saisir et non pas une cible prioritaire pour les Cavaliers.

Jaden McDaniels : à ne pas drafter dans le top 10/15

Je vous avoue que mon incompréhension est totale quand je vois la hauteur à laquelle Jaden McDaniels est considéré dans les mocks drafts. Oui, je comprends l’intérêt pour le physique de Jaden McDaniels car les ailiers de 2m10 capable de pull-up ne courent pas les rues. Mais à mon sens, il est vraiment temps d’arrêter de courir après la chimère Kevin Durant.

Chaque ailier un peu frêle avec de longs bras se retrouvent automatiquement comparé à KD, mais il faut bien comprendre une chose : KD est l’un des 20 meilleurs joueurs de tous les temps, il est unique, il n’y aura jamais d’autres joueurs comme lui. Comparer n’importe quel jeune joueur à KD ne peut que desservir le prospect et susciter des attentes déraisonnées de la part des fans.

Aujourd’hui, Jaden McDaniels est loin d’être l’un des meilleurs ailiers de cette draft. Il n’est ni un très bon défenseur (pas comme Okoro ou Avdija) ni un très bon scoreur (il est ridiculement mauvais au cercle, pour un mec de 2m10, ça la fout). Il perd beaucoup de ballons et ne fait pas beaucoup de passes.

Son plafond me paraît bien plus limité que certains ne l’imaginent, sans shoot, sans vision du jeu, il n’est littéralement qu’un physique exceptionnel. Il est donc bien plus proche de Kevin Knox que de Kevin Durant et j’ai du mal à le voir devenir autre chose qu’une troisième option offensive avec des capacités de création limitées. Est-ce mal ? Non, mais c’est très insuffisant pour valoir autre chose qu’un pari après la loterie, voir même après le top 20.

 

Les bonnes pioches :

De nos jours, les drafts sont de plus en plus denses et homogènes. Et cette année ne déroge pas à la règle. Il y aura de nombreuses bonnes affaires à saisir dès la fin du 1er tour afin d’étoffer notre young core et de combler nos très nombreuses lacunes, notamment défensives. Nous évoquerons ici des joueurs capables de s’intégrer intelligemment au young core en construction dans l’Ohio tout en comblant les lacunes des Cavaliers.

Xavier Tillman : Le pivot de Michigan State est un vrai bon joueur de basket. Mobile, très bon passeur avec une super vision du jeu pour son poste et son âge, il sera une super occasion en fin de 1er tour.

Devin Vassell et Patrick Williams : le duo d’intérieurs de Florida State excelle en défense et commence à montrer de vrais progrès en attaque, notamment au niveau du shoot. Très haut placés dans les statistiques avancées, il devrait tomber en fin de premier tour mais le relatif anonymat de la saison de leur université peut les aider à descendre encore plus bas.

Aaron Henry : L’ailier de Michigan State est un joueur intelligent, très bon défenseur et qui commence à trouver son rythme à 3 points. Il ne sera jamais une star mais peut devenir un 3&D parfait pour la Grande Ligue et être le nouveau Terence Davis.

Daniel Oturu : Le pivot de l’université de Minnesota fait une très bonne saison statistique dans une équipe relativement moyenne. Plus de 19 points à 58% au shoot avec 11 rebonds, il peut s’imposer dans une rotation NBA grâce à ses bonnes mains et à son shoot en développement, attention cependant à ses capacités défensives malgré ses presques 3 rebonds par match.

Saddiq Bey : Un ailier de 2m06 capable de pull-up à 3 points et de défendre efficacement avec ses longs bras sans perdre de ballons, est-ce que ce serait pas super utile dans la NBA actuelle ? Dans une fac de Villanova qui squatte toujours le haut de l’affiche, Bey s’impose comme une valeur sûre et une cible de choix en fin de premier tour.

Tyler Bey : Dans la fac du Colorado rode un athlète fabuleux, très intelligent et mobile. Le forward de 22 ans semble être un joueur très solide mais dont l’adaptation en NBA peut poser problème à cause de son manque de shoot. Pourtant, ses capacités athlétiques sont excellentes et ses capacités de finisseurs avérées grâce à un jeu très aérien.

Jon Teske : Le pivot de Michigan a tout du joueur utile qui finira non-drafté. Et pourtant. Son cursus universitaire à Michigan (oui oui, l’ancienne fac de John Beilein) arrive à son terme et celui qui aura déjà 23 ans le soir de la draft risque de ne pas séduire grand monde malgré son super QI basket, sa défense intelligente et son super sens du jeu. Le genre de troisième pivot très utile dans une rotation, surtout avec un coach qui sait l’utiliser.

Fan des Cavaliers depuis 2013, je cherche depuis une raison de m'accrocher à une équipe qui passe le plus clair de son temps à me détruire le cœur.

Click pour commenter

Repondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *