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Top 50 des Cavaliers : N°31 Walt Frazier

Top 50 des Cavaliers : N°31 Walt Frazier

Ladies and gentlemen, aujourd’hui, notre TOP 50 nous fait retourner dans les plus grandes années disco! Alors, on sort son plus beau pantalon pattes d’éléphant, sa plus belle coupe afro et on se remet un bon vieux vinyle des Bee Gees pour parler de M. Walter « Clyde » Frazier!

Notre joueur du jour est né le 29 mars 1945, dans la charmante bourgade d’Atlanta dans l’état de Georgie, et l’ainé d’une famille de neuf enfants. Au lycée, Frazier évolue dans les équipes de football en tant que quaterback et de base-ball en tant que pitcher. Il apprend le basket-ball sur le seul playground, développe sa philosophie du jeu, de son établissement pour noirs, dans le sud des Etats-Unis, où la ségrégation raciale est omniprésente dans les années cinquante.

Bien qu’ayant reçu plusieurs offres de la part d’universités pour ses qualités de quaterback, Frazier accepte de rejoindre Southern Illinois pour évoluer au sein de l’équipe de basket-ball. « Je voulais faire du sport mon futur métier, et en analysant bien le championnat de football, j’ai remarqué qu’il n’y avait aucun quaterback noir. » commentera-t-il plus tard.

Là-bas il deviendra l’un des meilleurs joueurs universitaire du pays. Il sera nommé joueur américain de division II en 1964 et 1965. Lors de cette dernière année, Frazier a conduit SIU au tournoi de la division II de la NCAA. Il perdra malheureusement pour lui en finale face aux Purple Aces d’Evansville de Jerry Sloan, 85–82 en prolongation. En 1966, il n’était pas académiquement éligible au basketball.

Son université passa de la division II à la division I en 1967. Frazier et ses coéquipiers remportèrent le National Invitation Tournament, en battant Marquette University 71-56 en finale, disputé dans l’ancien Madison Square Garden de New York. Walt sera d’ailleurs nommé MVP du tournoi. Il aura l’occasion d’en connaitre plus sur « Big Apple » puisqu’il sera sélectionné en 5ème position de la draft 1967 par les New York Knicks, où il y fera des merveilles.

Celui qui avait fait sensation lors de ses années universitaires, sera plus qu’hésitant pour ses débuts dans la grande ligue, marquant seulement deux points lors d’une défaite de 13 points contre les Pistons de Detroit lors de son premier match. Frazier va rapidement progresser avec l’arrivée du coach William « Red » Holzman à la mi-saison et terminera l’année avec une confiance sans cesse croissante. Possédant une excellente vision du jeu et des mains « plus rapides que la langue d’un lézard », selon son coach, il éblouira le Madison Square Garden de ses interceptions et ses passes ultra-rapides. Il terminera sa première saison avec 9 points, 4.1 passes décisives et 4.2 rebonds par match. Des stats qui le feront malgré tout intégrer le  NBA All-Rookie Team.

Pour sa deuxième saison dans l’élite, le talent du meneur saute aux yeux de tous. Arrivant de plus en plus à installer son style et sa patte au sein d’un cinq comprenant des joueurs tels que DeBusschere, Bradley, Willis Reed et Dick Barnett. Avec une telle base les Knicks ont rapidement construit une équipe capable d’atteindre des sommets et cela s’en ressentira dans les stats de Walter avec 17.5 points, 7.9 passes décisives et 6.2 rebonds par match. Une évolution impressionnante pour un sophomore qui lui permettra d’intégrer la première de ses sept sélections dans la NBA All-Defensive First Team.

Au début de la saison 1969-70, les Knicks établissent un nouveau record NBA en remportant dix-huit succès consécutifs, et termineront la saison en tête de la ligue avec soixante victoires. La défense de Frazier et des Knicks fait des miracles, avec 105.9 points encaissés en moyenne par match, la franchise New-Yorkaise concèdent ainsi six points de moins par match la deuxième meilleure défense du championnat.

Frazier terminera la saison avec 20.9 points, 8.2 passes décisives et 6 rebonds de moyenne par match, lui permettant ainsi de participer à son premier All-Star et de recevoir sa première sélection au sein de la All-NBA First Team.

Avec un effectif de qualité et des d’excellente performances du meneur et de son coéquipier vedette Willis Reed, les Knicks arriveront à atteindre les finales NBA de 1970 retrouvant les Los Angeles Lakers. Les deux plus grandes villes des Etats-Unis en face-à-face et la série, disputée en sept matchs, donnera lieu à un engouement historique. Face à Wilt Chamberlain, Jerry West et Elgin Baylor, et avec la blessure de Willis Reed lors du cinquième match, les Knicks ne partaient pas favoris.

Pourtant lors du septième match, au Madison Square Garden, Willis Reed inscrira, sur une jambe, les deux premiers paniers du match, prenant ainsi l’ascendant psychologique sur une équipe qui ne s’attendait pas à le voir jouer une seule minutes. Walt Frazier établira la plus grande performance de sa carrière et la plus sous-estimée de l’histoire des finales: 36 points (12/17 aux tirs, 12/12 aux lancers-francs), 19 passes décisives, 7 rebonds et 5 interceptions. Il dominera ses adversaires directs, Baylor et West, offrant ainsi aux Knicks le premier titre de l’histoire de la franchise, en s’imposant 113 à 99. « Il n’y a pas de doute possible, ce jour là restera comme le plus beau de ma carrière. » affirmera plus tard le héros du match.

Sur le parquet, il conduit les Knicks à de nouvelles très belles saisons. Peu de joueurs de l’époque jouissent du même respect de leurs pairs que Frazier, qui était terriblement craint pour sa capacité à prendre un match en main dans les dernières minutes. Il deviendra la clef de voûte des Knicks d’Holzman et sera considéré comme le meilleur arrière de la ligue, avec un certain Jerry West.

Les Knicks seront incapables de répéter leur performance en 1971, en tombant face aux Baltimore Bullets et à meneur vedette Earl Monroe au deuxième tour des séries éliminatoires, malgré la moyenne de Frazier de 22,6 points, 4.5 passes décisives et 5.8 rebonds par match au cours des play-offs.

Au début de saison 1971-1972, les Knicks recrutèrent le plus grand rival de Frazier, l’arrière des Bullets Earl Monroe. Les spécialistes doutaient de l’association de ces deux grands joueurs, tant tout les opposait. L’un était un adepte d’un jeu tourné vers le collectif et d’une défense resserrée, l’autre était un attaquant né, capable d’enflammer une rencontre à chaque instant. Après une première saison délicate pour Monroe, les deux joueurs vont former l’un des meilleurs backcourt de tous les temps, le « Rolls Royce Backcourt ». Les Knicks reviendront en finale NBA, mais tomberont face aux Lakers de Los Angeles, pour la revanche de 1970.

En 1972-73, les New-Yorkais retournent une nouvelle fois en play-off, battant les Boston Celtics en finale de l’Eastern Conference et remportant un deuxième titre de champion face aux Lakers, lors d’une finale en cinq matchs. La défense du meneur sur Jerry West ayant joué un rôle majeur dans la défaite de l’équipe Californienne. L’association entre Frazier et Monroe fait des merveilles. « Il est le feu et je suis la glace », dira Walt Frazier après ce deuxième titre. En plus d’être à la fois excellent passeur et très bon gestionnaire, ses qualités défensives en faisaient le pilier indiscutable du jeu new-yorkais des deux côtés du terrain. Cet instant marque l’apogée de sa carrière devenant l’ambassadeur de la ville.

Les Knicks vont ensuite peu à peu commencer à décliner. Frazier arrivera à maintenir un niveau de jeu très élevé, lui valant d’être sélectionné pour le All-Star Game à trois reprises, remportant le titre de MVP du All-Star Game en 1975, après avoir marqué 30 points au cours du match. Il terminera la saison régulière avec 21.5 points, 6.1 passes décisives et 6 rebonds de moyenne par match, l’une de ses trois meilleures statistiquement parlant. Exubérant, classe et délicieusement mystérieux. S’affichant la plupart du temps avec un chapeau particulièrement flashy (qui lui a valu son surnom Clyde, en référence au personnage de Bonnie and Clyde joué par Warren Beaty), un manteau de fourrure et ses fameuses pattes, arrivant fréquemment au Madison Square Garden en Rolls Royce. En dehors des parquets il était l’une des vedettes incontournables des nuits fiévreuses de Manhattan.

Malheureusement, Walter Frazier venait de gouter, sans le savoir, pour la dernière fois au play-off. Malgré des stats 19.1 points, 5.9 passes décisives et 6.8 rebonds par match pour la saison 1975-1976 et 17.4 points, 5.3 passes décisives et 3.9 rebonds par match pour la saison 1976-1977, les Knicks rateront les play-off. La faute à un management s’étant séparé de joueurs tels que DeBusschere ou Bradley, plaçant ainsi la franchise dans le ventre mou de la NBA.

A l’aube de la saison 1977-78,  après avoir incarné le cœur des Knicks pendant des années, Clyde a été envoyé à Cleveland pour la signature de Jim Cleamons. Vous ne connaissez pas ce dernier? Rien d’anormal, il sera un joueur moyen et un piètre coach. Voilà avec quelle manière sont remerciées les stars à New-York.

Avec ce départ, la glorieuse époque des Knicks s’achève définitivement. Walt Frazier se dit lui-même surpris par ce transfert. Il n’a plus les jambes de ses premières années et se blesse à plusieurs reprises, ne jouant que soixante-six matchs en trois saisons, avec 14.6 points, 3.8 passes décisives et 3.5 rebonds par match, avant que les Cavaliers ne le coupent après trois matchs de la saison 1979-80.

Après sa retraite, Frazier deviendra agent de joueur, investira dans une franchise de l’United States Basketball League, une ligue mineure, puis déménagera aux Iles Vierges où il passera la majeure partie son temps à naviguer. Il perdra sa maison lors de l’ouragan Hugo en 1989 et rentrera à New York où il deviendra consultant pour la radio.

Son maillot sera retiré par les New York Knicks dès 1999. En 1987, il intègrera le Naismith Memorial Hall of Fame, et en 1996, il sera sélectionné dans la NBA 50th Anniversary All-Time Team.

Alors, même si Frazier aura bien plus marqué l’histoire des Knicks que celle des Cavaliers, au point d’être encore aujourd’hui extrêmement populaire au sein des fans de la franchise New-Yorkaise, il n’en reste pas moins un grand monsieur de la NBA, qui mérite bien de faire partie de notre TOP 50.

 

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