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Top 50 des Cavaliers : N°5 Austin Carr

Top 50 des Cavaliers : N°5 Austin Carr

Il est Mister Cavalier. La première légende d’une équipe qui ne sera pourtant championne que 45 ans après sa draft en tant que premier choix. D’abord joueur légendaire sur les bancs de Notre-Dame University, Austin Carr aura passé la mejeure partie de sa vie à représenter les Cavaliers, sur les parquets et en dehors. Retour sur la carrière d’une idole de la ville de Cleveland.

Né le 10 mars 1948 à Washington D.C. d’un père membre de l’administration du Pentagone et d’une mère infirmière, Austin George Carr grandit dans la capitale fédérale américaine.

Élève à la Holy Redeemer School, il intégra ensuite la Mackin Catholic High School, établissement dans lequel il commença à jouer au basket alors qu’il avait déjà près de 14 ans. Il va ainsi faire ses premières gammes au côté du meneur Tom Little, joueur majeur des ligues lycéennes de la côte Est, avant de voler la place du titulaire de l’équipe, place qu’il ne rendra jamais. Tôt durant son année junior, Carr a su se montrer très prolifique, scorant près de 500 points lors de ses trois dernières saisons, ce qui lui permit d’être nommé All-American par le magazine Parade en 1967, nomination qu’il partagea avec des joueurs comme Artis Gilmore, Howard Porter ou Curtis Rowe.

C’est au stade suivant de son évolution qu’Austin Carr commença à forger sa légende. Celui qui était alors âgé de 19 ans et était l’un des lycéens les plus en vues du pays s’engagea alors avec l’Université de Notre-Dame (rien à voir avec Quasimodo) située dans l’Indiana. C’est définitivement à l’échelon universitaire que Carr explosa aux yeux du sport américain.

Les années NCAA

En effet, on peut dire sans sourciller qu’il était venu le temps de Carr et, alors que la NCAA voyait débarquer de grands talents, Austin fut sans doute le plus brillant de sa génération. Si sa première saison fut discrète, Austin Carr devint, lors de ses deuxièmes et troisièmes saisons, le second joueur de l’histoire de la National College Athletic Association à inscrire plus de 1 000 points en une seule saison universitaire après Pete Maravich. Lors de la saison 1970, Carr tourna à 38,1 points de moyenne y ajoutant 8,3 rebonds avant de littéralement prendre feu lors de la March Madness. Face à Ohio University, l’arrière des Fighting Irish inscrit 61 points, ce qui reste aujourd’hui encore un record pour le tournoi NCAA, tout comme le nombre de tirs tentés et réussis (respectivement 44 et 25).

Il resta dans des standards similaires l’année suivante, tournant à plus de 38 points et 7,4 rebonds de moyenne sur les 29 matchs de la saison régulière, le tout à plus de 51% de réussite au tir. Le fait marquant de sa saison fut sans aucun doute la victoire face à UCLA. L’équipe californienne emmenée par Sidney Wicks était alors la meilleure équipe universitaire du pays, que dis-je, du monde, que dis-je de l’univers, et se présentait face à Notre-Dame forte de 10 mois d’invincibilité et de deux titres consécutifs glanées en 1969 et 1970. Mais Austin Carr s’en foutait et donc Austin Carr mis fin à cette série. Il est bien sûr difficile de réduire la performance d’une équipe entière à celle d’un seul homme, mais comment ne pas le dire ?

Alors que le score était de 43-38 pour UCLA à la mi-temps, Notre-Dame remonta à 47-47 après seulement 3 minutes dans le second période. Le score resta serré pendant tout le reste de la seconde période, avant que Carr ne se réveille. Alors que les Bruins menaient 82-78 à 3 minutes de la fin, Notre-Dame passa un 12-0 aux californiens, Carr scora 15 des 17 derniers points de son équipe pour s’imposer au final 89-82. Il finit le match de l’année avec 46 points au compteur, entérinant un peu plus son statut de superstar en devenir.

Si Austin Carr n’a jamais participé à un Final Four, ses performances lors des Playoffs NCAA furent absolument sans égal. En sept apparitions en post season, l’arrière des Fighting Irish scora 41,3 points de moyenne ce qui restent, à l’heure actuelle les chiffres les plus impressionnants de l’histoire de Notre-Dame, loin devant le nombre de personnes envoyées au bûcher par Claude Frollo.

Austin Carr quitta les rangs de l’université en 1971 afin de se présenter aux Drafts NBA et ABA, après 3 saisons pleines sur le plan individuel et une cinquième place dans la liste des meilleurs scoreurs de l’histoire de la NCAA. Lors de son cursus, il tourna ainsi à 34,6 points par match ce qui reste, 45 ans après, la seconde meilleure moyenne de points de l’histoire derrière l’intouchable « Pistol » Pete Maravich. Lors d’un classement des plus grands joueurs de l’histoire du championnat universitaire, ESPN classa Carr à la 22ème place, derrière des monstres sacrés comme Anthony Bennett et Michael Olowokandi (ceci est une vanne).  

L’arrivée en NBA

C’est à cette époque que son destin croisa la route des Cavaliers de Cleveland. Suite à leur première saison désastreuse en NBA (soldée par un bilan de 15-67), les Cavaliers obtinrent le premier choix de la Daft 1971 grâce à un pile ou face gagné contre les Blazers. La franchise de l’Oregon paya 250,000 dollars aux Cavaliers afin qu’ils ne sélectionnent pas Sidney Wicks (il a d’ailleurs fait une carrière pas dégueulasse l’ancien Bruin). Le deal fut respecté par Nick Mileti (le premier propriétaire de la franchise de l’Ohio) puisque Cleveland sélectionna le bosseur de Notre-Dame. Ce dernier, également first pick de la draft ABA avec les Virginia Squares opta alors pour la National Basketball Association. Et on ne va pas se mentir, vu le succès mitigé de l’ABA, ce choix fut judicieux. Pour Nick Mileti, dès sa signature Austin Carr était le plus grand joueur de l’histoire des Cavaliers, franchise légendaire déjà âgée de un an à cette époque.

« Je pense qu’il peut être une superstar dès sa première saison » Bill Fitch

Sa première saison fut marquée par plusieurs blessures qui limitèrent son temps de jeu. Il subit une fracture de fatigue au pied lors de la pré-saison (Joël Embiid n’a rien inventé) ce qui lui fit manquer le premier mois de compétition. Ce début raté est bien sûr à relativiser, il n’est rien comparé à la terrible fracture du talent d’Anthony Benett, autre célèbre premier choix de Draft des Cavaliers. Son retour à la compétition fut à nouveau gâché par une autre blessure au pied qui le mit sur le flanc pour près de 7 semaines. Malgré ces blessures et en ayant joué seulement 43 matchs, il finit par s’imposer comme la première option offensive de sa franchise. Il sera même, à la fin de la saison, le premier Cavalier nommé dans la NBA All-Rookie Team 1972 avec des statistiques de 21,2 points, 3,5 rebonds et 3,4 passes.

Carr profita du très long été 1972 pour se faire opérer du pied afin d’éviter de nouvelles complications. Cette même année les Cavaliers enregistrèrent l’arrivée du futur Hall-of-Famer Lenny Wilkens, joueur emblématique des années 1960, en échange de Butch Beard. Cette excellente recrue (9 fois All-Star avec les Hawks et second du MVP 1971, ça te pose un CV) offrit un partenaire solide à Carr afin de former un backcourt compétitif. Les Cavs gagnèrent 9 matchs de plus que la saison précédente malgré les débuts difficiles de leur nouvelle acquisition, elle aussi gênée par les blessures.

La saison 1973-1974 d’Austin Carr fut sa plus aboutie sur le plan statistique. Il marqua 21,9 points de moyenne accompagnés de 3,6 rebonds et 3,8 passes avec plus de 44% de réussite aux tirs dont 85% aux lancers-francs. Malgré son excellent niveau de jeu, couplé à la meilleure saison en carrière de Bingo Smith et à un Wilkens vieillissant mais une nouvelle fois dans les dix meilleurs passeurs de la ligue, il échoua à mener les Cavaliers en Playoffs en ne gagnant que 29 matchs. La seule satisfaction de cette nouvelle saison décevante collectivement intervint sur le plan personnel. En février 1974, Carr put fêter sa sélection pour le All-Star Game 1974 devenant ainsi le quatrième Cavalier à obtenir cette distinction.

L’année d’après, Lenny Wilkens rejoignit les Trail Blazers avec lesquels il joua sa dernière saison en carrière. Étonnamment, ce départ marqua le début de la progression des Cavaliers en tant qu’équipe. Après une excellente entame, les Cavaliers furent freinés par la blessure de leur meilleur joueur, Austin Carr ne jouant que 41 matchs suite à une terrible au genou. Ils échouèrent alors à se qualifier pour les phases finales, échouant à un petit rang de la dernière place qualificative avec un bilan de 40 victoires pour 42 défaites.

Cette blessure au genou (que votre serviteur n’a pu identifier clairement même si ma grande expérience au Docteur Maboul me ferait penser à une rupture des croisés) marqua un tournant dans la carrière d’Austin Carr. Celui qui « était capable de tout sur un terrain » dixit les observateurs, ne fut plus jamais le même après ses opérations. Devenu moins explosif, moins endurant, moins rapide également, il vit son rôle sur le parquet profondément évolué.

« C’était comme si je me sentais indestructible avant ma blessure. Mentalement j’étais dévasté. J’ai perdu un palier de progression supplémentaire et quand tu perds un palier dans ce sport, tu perds beaucoup. J’ai été capable de revenir et de jouer cinq années supplémentaires sur une jambe et demi. Ce fut le pire moment de ma carrière. » Austin Carr

Mais si Austin Carr n’a jamais pu devenir le joueur qu’il aurait du être, sa blessure a eu le mérite de changer bien des choses dans l’Ohio, la saison 1975-1976 marquant un tournant pour la franchise de Cleveland. Portée par un collectif éblouissant avec 7 joueurs au dessus des 10 points de moyenne, la franchise de l’Ohio parvient en Playoffs pour la première fois de sa jeune histoire après avoir remporté la division centrale. Austin Carr fut replacé dans un rôle de sixième homme de luxe, ne jouant qu’environ 19,7 minutes par match (10,1 points) mais mena l’un des bancs les plus dévastateurs de la ligue. Cette alchimie collective permit à Cleveland de connaître pour la première fois le goût du succès et à un certain Bill Fitch, coach d’alors, de remporter le titre de Coach of the Year.

« Le basket est un sport d’équipe. C’était mieux pour moi de jouer sixième homme car c’était mieux pour l’équipe » Austin Carr

Autour d’un Austin Carr diminué par sa grave blessure au genou de la saison précédente et donc repositionné dans un rôle de sixième homme, s’est construit une équipe exceptionnelle. Tout d’abord, Bingo Smith et Campy Russell prirent parfaitement le relais de Carr au scoring pendant qu’arrivait en ville un Nate Thurmond vieillissant mais toujours imposant physiquement, servant de doublure au pivot Jim Chones (15,8 points et 9 rebonds sur cet exercice 75/76).

L’équipe ainsi assemblée finit la saison deuxième de sa conférence grâce à un bilan de 49 victoires et 33 défaites. Étant exempté de premier tour de Playoffs grâce à leur classement, ils commencèrent la première post season de l’histoire de la franchise en affrontant les Washington Bullets en demi-finales de conférence.

Forts d’une équipe expérimentée car finaliste l’année passée et composée de joueurs de légende comme Elvin Hayes et Wes Unseld, les Bullets faisaient figure d’épouvantail de la conférence Est, encore plus face à une franchise abonnée aux défaites depuis son entrée dans la ligue.

La série fut dure (comme supporter une émission entière de Skip Bayless), physique et les Cavaliers durent tout donner afin de s’en extirper. Sous les ordres de leur coach, ils parvinrent à amener la série en sept matchs, se montrant solides dans les nombreux moments chauds. Alors que déjà deux des six premiers matchs se décidèrent dans les dernières secondes, il fallut un floater de Dick Snyder sur le MVP 1969 Wes Unseld à 4 secondes de la fin pour faire exploser le Richfield Coliseum et ses 21 564 spectateurs.

Cleveland venait tout juste de battre la meilleure équipe du monde dans l’une des séries les plus serrées de l’histoire de la NBA : 5 matchs sur 7 se sont joués en moins de 5 points d’écart, 3 sur les 7 ayant connu un game winner dans les dernières secondes, dont ce fameux Game 7. The Miracle Team était née.

Malheureusement, ces finales de conférence devaient rester un plafond de verre pendant encore 29 ans dans l’Ohio. La blessure de Jim Chones privera les Cavs d’un membre majeur de l’équipe, incapable de battre les Celtics en route vers un nouveau titre de champion derrière Jo Jo White.

Sans le savoir, cette équipe venait de toucher son plafond et, même si elle resta dans les hauteurs de l’Est encore deux saisons, jamais elle ne retrouvera le chemin des finales de conférence. Elle fut ainsi éliminée deux fois consécutivement au premier tour des Playoffs par des Bullets revanchards en 1977 et par les Knicks en 1978 malgré l’arrivée de Walt Frazier.

À l’été 1980 une page se tourna dans l’Ohio. Bill Fitch avait quitté l’équipe la saison précédente après 9 années de très bons et très loyaux services et les Cavaliers échouèrent à rejoindre les Playoffs pour une quatrième saison consécutive. Austin Carr finit par être tradé à Dallas contre un paquet de Snickers et deux tickets restos. S’en suivirent des saisons d’une médiocrité rare pour Cleveland et une dernière saison plus qu’anecdotique pour Carr qui finira sa carrière à Washington avec les Bullets.

Le 3 janvier 1981 les Cavaliers retirent son maillot, le numéro 34 en signe de reconnaissance.

Sa carrière NBA se solda après 10 saisons régulièrement entachées par des blessures parfois gravissimes. Il aura inscrit 10 473 points sur les parquets de la grande Ligue y ajoutant 1990 rebonds et 1870 passes pour des moyennes de 15,4 points, 2,9 rebonds et 2,8 points par matchs. Collectivement, il participa trois fois aux playoffs sans jamais connaître la consécration suprême ou même le goût des finales NBA.

Parmi les premiers All-Star de l’histoire de la franchise de l’Ohio en 1974, membre de la NBA All-Rookie Team en 1972, Austin Carr restera à jamais l’un des plus grands joueurs du sport universitaire américain. Son année 1971 restera d’ailleurs son sommet, l’ayant vu recevoir le Naismith College Player of the Year, de l’Associated Press Player of The Year, du Helms Foundation Player of the Year, du United Press International Player of the Year ainsi que d’une nomination dans l’équipe-type de la NCAA en 1971 et d’une place dans le second cinq en 1970. Meilleur marqueur de l’histoire de Notre-Dame, il fut décoré de la bague d’honneur de l’université en 2011, quatre ans après avoir été admis au College Basketball Hall of Fame.

 

Son retour à Cleveland

  Suite à sa retraite sportive à l’âge de 33 ans, Mr Cavalier intégra l’organigramme de la franchise. Il fut nommé directeur des relations publiques pour les Cavaliers et occupe depuis plus de quinze ans un rôle de consultant auprès de Fox Sports Ohio, la chaîne locale qui retransmet les matchs des Cavaliers. Sa voix, souvent associée à celle du très regretté Fred McLeod et dorénavant à celle de John Michael, est aujourd’hui connue de tous les fans de la Franchise de l’Ohio à travers le monde. Ses phrases les plus célèbres « He hits it deep in the Q » (quand un cavalier shoote du parking) et « He throws the hammer down » (quand un joueur de Cleveland monte au dunk) résonnent toutes les nuits dans nos oreilles (quand elles ne sont pas couvertes par le son des pubs sur le streaming).

 

Toujours derrière son équipe, il pourrait transformer un match entre amis sur le city du quartier en un événement immanquable par sa seule voix et sa joie toujours communicative. Lorsque LeBron James et ses coéquipiers réussirent enfin à ramener le trophée Larry O’Brien dans l’Ohio, ce fan de toujours n’a d’ailleurs pu retenir ses larmes lors de la parade.

« Ouuuuuuuuuh ouuuuuuuuh ouuuuuuuuuuh ! » Austin Carr après la victoire des Cavs lors du Game 7 face aux Warriors. Cette citation est nommée pour le prix de la meilleure citation de l’histoire.

Austin Carr est, avec LeBron James, le plus grand des Cavaliers. Joueur talentueux, scoreur fou doté d’un excellent shoot à mi-distance, il n’hésita pas à faire évoluer son jeu afin de répondre aux exigences collectives et de permettre à sa franchise d’enfin connaître le goût des playoffs. Arrivé dans l’Ohio par la draft, il y est resté par amour, dédiant sa vie à Cleveland, ses habitants et à son équipe. Que ce soit en tant que joueur, commentateur ou comme un simple fan, il aura marqué et continue de marquer les fans des Cavaliers. Mister Cavalier est plus qu’un surnom, c’est une partie de l’identité de cette légende de la balle orange.

Fan des Cavaliers depuis 2013, je cherche depuis une raison de m'accrocher à une équipe qui passe le plus clair de son temps à me détruire le cœur.

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